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  4. Pathologies de la cheville

Arthrose de cheville

L’arthrose de cheville est la disparition du cartilage de la cheville.

https://lh4.googleusercontent.com/04RJWcAuiILxpbKX9eXMZn8inOEjWnc8fFJbfH6Fqcb_6xSaSlF5JgKGOntTbtPKzYqRb2zS6pM347bJsDH6uKT4A3yUGxrLVMzEzy_b14l8KM5kbsSuYA0xDArZcmkj0qj_1K47

Elle se manifeste par des douleurs dites mécaniques, c’est à dire augmentant avec l’activité.

Souvent un œdème ou des gonflements de l’articulation de la cheville s’associent à ces douleurs dans un premier temps. Une raideur s’installe secondairement avec le temps.

Les douleurs entraînent alors une diminution des activités et une impotence fonctionnelle.

Sans traitement, l'arthrose de cheville évolue progressivement, généralement par poussées, jusqu’à la fusion quasi complète des 2 os et l’ankylose de l’articulation (raideur).

Un traitement médical premier doit toujours être entrepris mais celui-ci n’a pour but que de soulager les douleurs et n'agit en rien sur l’évolution de l’arthrose.

Un chaussage adapté, des anti-inflammatoires ou encore parfois des séances de kinésithérapie peuvent être efficaces au début. Secondairement des infiltrations (injection dans l’articulation) de produits anti-inflammatoires ou des visco-supplémentations sont envisagées et réalisées par des rhumatologues ou des radiologues.

 

Les solutions conservatrices

 

  • Le débridement arthroscopique

Débridement signifie nettoyage. L’arthroscopie est une façon peu invasive de s’introduire dans une articulation. A l’aide de plusieurs trous de 5 mm on introduit une caméra qui va permettre de voir l’ensemble de l’articulation de la cheville et de la nettoyer. Ce type d’intervention est envisagée en cas d’arthrose débutante avec des corps étrangers libres dans l’articulation (morceaux d’os et/ou de cartilage), en cas de raideur occasionnée par les ostéophytes (formation osseuse spécifique de l’arthrose = « becs de perroquet ») ou encore en cas d’interposition de tissu fibreux.

 

  • L’ostéotomie tibiale et/ou calcanéenne

Ostéotomie signifie littéralement « couper un os ». Là aussi ce type d’intervention ne s’envisage qu’en cas d’arthrose débutante avec des défauts d’axes de la jambe par rapport au talon responsables de cette usure du cartilage.

 

Les solutions non conservatrices

 

  • L’arthrodèse

Il s’agit d’une technique chirurgicale ayant pour but de faire fusionner les os de la cheville. La marche est possible par compensation des articulations du pied.

Cette arthrodèse peut s’effectuer de façon classique à ciel ouvert ou sous arthroscopie

 

  • La prothèse totale de cheville

Le concept est de remplacer l’articulation de la cheville par des implants métalliques et en plastique qui vont permettre de conserver les mouvements de la cheville.

C’est une intervention peu fréquente (quelques milliers par an en France) et très exigeante techniquement. Cette solution ne s’envisage donc qu’en cas de besoins fonctionnels importants et dans certaines conditions anatomiques précises (pas d’atteinte ligamentaire, pas de déviations des axes osseux majeurs …). L’ostéonécrose du talus (destruction osseuse de l’astragale) contre indique la mise en place d’une prothèse totale de cheville.

 

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Rupture tendon d'Achille

Le tendon Achilléen ou Calcanéen (car s’insère sur le calcanéus = os du talon) est le plus gros tendon du corps humain.

Rupture talon d'Achille CHA

Sa rupture aiguë est le fruit d’une mise en tension brutale traumatique au niveau d’une zone rendue plus fragile par une mauvaise circulation sanguine (hypovascularisation).

 

Cela survient dans ¾ des cas au cours d’une activité sportive à impulsion ou à pivot le plus souvent chez un homme jeune (6 hommes pour 1 femme).

Le patient décrit généralement  « un coup de couteau » dans le mollet à l’impulsion ou à la réception d’un saut.

 

Dès lors, la marche est quasi impossible ce qui aboutit à la consultation médicale faisant aisément le diagnostic par la palpation de la rupture et 2 signes cliniques caractéristiques :

  • la perte de l’équin physiologique
  • l’absence de flexion plantaire à la pression du mollet

 

Pour autant dans près de 20% des cas le diagnostic n’est pas fait initialement.

Sans traitement, le tendon cicatrisera de façon complètement distendue occasionnant une difficulté à la marche et empêchant par exemple la marche sur la pointe des pieds.

 

Aucune imagerie n’est généralement nécessaire en aigüe. Dans certaines situations, notamment en cas de ruptures basses, des radiographies peuvent être réalisées pour s’assurer de l’absence d’arrachements osseux associés. Une échographie et plus rarement une IRM sont proposées en cas de doute diagnostic.

Le traitement consiste à remettre bout à bout les moignons de la rupture et cela peut se faire de plusieurs façons. Trois traitements peuvent être envisagés selon différents facteurs (l’âge, le tabagisme, le niveau d’activité et le niveau de la rupture).

 

Le traitement orthopédique

 

Il consiste en une limitation de la mobilisation de l’articulation de la cheville dans une position spécifique (en équin, pied vers le bas) nécessaire à la cicatrisation tendineuse. Une interdiction d’appui peut être associée. Cette solution s’envisage essentiellement lorsqu'il existe des facteurs de risques de complications (tabac, problème circulatoire …) et que la demande fonctionnelle n’est pas très élevée (âge avancé, absence de pratiques sportives, travail sédentaire…). Le risque le plus important inhérent à cette technique est la récidive de la rupture tendineuse (~ 15 %).

 

Le traitement chirurgical

 

Il en existe 2 types :

 

  1. Classique à ciel ouvert :

 

Il s’agit du gold standard en matière de réparation du tendon calcanéen avec un taux de récidive avoisinant les 2%.

 

Il doit toujours être bien réfléchi car si les résultats sont bien supérieurs aux autres traitements, le risque de mauvaise cicatrisation cutanée est omniprésent dans cette région particulièrement mal vascularisée.

 

  1. En mini- invasif  ou percutané :

 

Il s’agit d’une technique intermédiaire tant dans l’abord cutané que les résultats et les inconvénients. Effectivement si l’incision cutanée est moins importante (qu’au cours de la chirurgie classique à ciel ouvert) occasionnant donc moins de risques de problèmes cicatriciels ; le risque de récidive de ruptures tendineuses est lui bien supérieur (8 à 10 %).

 

Une contention est toujours mise en place pour 6 à 8 semaines soit par orthèse amovible soit botte en résine.

 

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Tendinopathie achilléenne

La tendinopathie Achilléenne (aujourd’hui dénommée tendinopathie calcanéenne) se caractérise par une lésion du tendon d’Achille. Il en existe 2 types bien distincts :

Tendinopathie achilléenne CHA

  • Les tendinopathies corporéales (haute en plein corps du tendon) qui atteint surtout les patients sportifs de 30 à 40 ans.

 

Elles sont liées à une surutilisation tendineuse et principalement au cours des sports traumatiques et de contact comme la course à pied.

Le tendon est épaissi dans sa partie supérieure de façon fusiforme et douloureux dans sa globalité.

 

  • Les tendinopathies d’insertions (sur le calcanéus) qui touche des personnes plus âgées (45 à 65 ans) moins actives parfois même sédentaires en surpoids.

 

Elles sont liées à une usure de l’insertion tendineuse et se traduit parfois par des ossifications.

La tendinopathie achilléenne est marquée par des talalgies hautes (douleur au niveau du talon) dont l’origine est variable (inflammation cutanée, tendineuse, osseuse …).

Devant une tendinopathie achilléenne il faut d’abord confirmer le diagnostic et surtout le préciser (fissure ?) et pour cela un bilan d’imagerie complet est nécessaire (échographie et IRM).

 

Le traitement médical doit toujours être entrepris initialement. Il comporte plusieurs choses:

  • l’arrêt du sport
  • les anti-inflammatoires et autres antalgiques
  • la kinésithérapie et l’auto-rééducation
  • ondes de choc externe
  • les semelles orthopédiques et/ou talonnettes 
  • infiltration de PRP (plasma riche en plaquettes)

 

Bien conduit, il aboutit à près de 85% de succès en 6 mois.

En cas d’échec et de retentissement fonctionnel important peut se discuter une intervention chirurgicale. Principes chirurgicaux selon le type de lésion :

 

Tendinopathies corporéales

 

La chirurgie consiste à exciser les lésions du tendon et du péritendon (nodule, inflammation …) et à réaliser un peignage. Ce sont des incisions à intervalles réguliers de quelques millimètres au bistouri dans le sens de la longueur pour ne pas le fragiliser.

L’objectif est de favoriser le saignement et donc la cicatrisation du tendon.

Dans certains cas très graves, un renfort par un tendon périphérique peut être proposé.

 

Tendinopathies d’insertion (entésopathies)

 

Il n’y a aucune autre solution que de retirer la zone tendineuse lésée. Pour cela il faut donc désinsérer le tendon par derrière, exciser les lésions et notamment les ossifications, ôter le conflit avec le calcanéus (si il y en a un) et finalement réinsérer le tendon.

Quand le tendon est trop fragilisé après l’excision des tissus lésés, il peut être renforcé par d’autres tendons.

 

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Lésions ostéochondrales de la cheville

LODA est l’acronyme de Lésion Ostéochondrale du Dôme Astragalien. Littéralement il s’agit donc d’une atteinte à la fois osseuse et cartilagineuse de la partie supérieure du talus (anciennement appelé astragale) qui s’articule avec la partie inférieure du tibia constituant ainsi l’articulation de la cheville.  Les LODA surviennent plutôt chez les hommes jeunes. Il existe 2 localisations principales pour ces lésions : postéro-médiale et antéro-latérale.

Lésions ostéochondrales de la cheville CHA

Les symptômes les plus fréquemment retrouvés sont les gonflements, les douleurs profondes surtout à la marche et parfois des sensations d’instabilités, des craquements ou des blocages.

 

L’origine de ces lésions ostéochondrales de la cheville est très controversée. Une origine traumatique est très fréquemment retrouvée (notamment en cas de localisation latérale sur le talus).

 

Malheureusement on connaît le caractère irréversible des atteintes du cartilage qui conduisent donc irrémédiablement vers l’arthrose. L’évolution est surtout liée à l’atteinte de l’os sous chondral tant dans sa gravité que dans sa symptomatologie.

 

Un bilan complet d’imagerie basé sur des radiographies, un arthroscanner et parfois une IRM, est toujours nécessaire pour caractériser au mieux la  LODA (taille, intégrité du cartilage, aspect de l’os sous-jacent …).

 

Il existe 2 situations bien distinctes de lésions ostéochondrales de la cheville:

  • la LODA découverte en aigue dans un contexte traumatique récent
  • la LODA retrouvée au cours d’un bilan de douleurs chroniques de cheville dans des suites post traumatiques ou non.

 

En fonction du contexte, différents traitements peuvent être envisagés :

 

Le traitement médical

 

Il s’agit d’un traitement purement symptomatique (médicaments antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations …). La lutte contre la prise de poids et parfois des orthèses plantaires peuvent être bénéfiques.

 

Le traitement orthopédique

 

Il consiste en une limitation ou une interdiction d’appui plus ou moins associée à une immobilisation de l’articulation de la cheville. Cette solution s’envisage essentiellement dans les formes aigües non déplacées et fracturaires de LODA.

 

Le traitement chirurgical

 

Il doit toujours être bien réfléchi car les résultats sont très variables selon les indications.

 

L’éventail des procédures chirurgicales dans les LODA est très large :

  • excision ou stabilisation d’une forme fracturaire récente
  • ablation d’un corps étranger
  • nettoyage, curetage, débridement « simple » de la lésion 
  • perforation, microfractures
  • greffe osseuse, cartilagineuse, ou les 2 (ostéochondrale)

 

En plus de ces gestes locaux sur la lésion, se discute des gestes associés comme sur les éléments favorisant une instabilité de cheville (ostéotomie du calcanéus, ligamentoplastie de la cheville …)

Tous ces gestes peuvent se réaliser par des méthodes traditionnelles (chirurgie à ciel ouvert) ou des méthodes arthroscopiques (avec une caméra dans l’articulation).

 

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Conflit antérieur de cheville

Le conflit antérieur de cheville est un syndrome douloureux. Comme son nom l'indique, la douleur est le plus souvent antérieure. Il existe 2 entités différentes :

  • le conflit tissulaire
  • le conflit osseux

 

Selon la localisation on parlera de conflit antérolatéral (le plus fréquent) ou de conflit antéromédial.

Conflit antérieur de cheville CHA

Les douleurs, surtout présentes en flexion dorsale de cheville, s’associent souvent à des gonflements.

Typiquement cela concerne des patients jeunes, sportifs présentant des séquelles douloureuses d’entorse. Ils sont surtout la conséquence de lésions microtraumatiques de la cheville.

 

Que le conflit soit tissulaire, osseux ou mixte, l’origine de la douleur est attribuée à une incarcération synoviale (tissu recouvrant l’articulation). Cette incarcération provoque une inflammation, elle-même responsable d’une augmentation de volume des tissus ce qui favorise encore l’incarcération. Se met en place un véritable cercle vicieux (plus ça se coince plus ça grossit et plus ça grossit plus ça se coince …). Les thérapies manuelles (kinésithérapie et ostéopathie) ne permettent pas de venir à bout de la lésion.

 

Le conflit antérieur de cheville est un diagnostic clinique répondant à des critères et des signes précis. Le diagnostic fait il doit être confirmé par un bilan d’imagerie adapté, des radiographies toujours et selon les situations une échographie, un arthroscanner ou une IRM peuvent être demandés.

 

La chirurgie ne doit se discuter qu’en cas de résistance au traitement médical optimal et celui-ci inclut souvent l’infiltration de la cheville (injection de liquide anti-inflammatoire).

 

Si la gêne ou la douleur entravent les activités quotidiennes ou sportives alors peut se poser légitimement la question d’une solution chirurgicale.

 

La chirurgie du conflit antérieur de cheville se déroule le plus souvent sous arthroscopie. La chirurgie consiste à nettoyer la zone lésée des tissus mous qui s’incarcèrent ou des ostéophytes (« becs » osseux retrouvés dans l’arthrose).

D’autres gestes complémentaires peuvent être nécessaires en cas de lésions ligamentaires.

 

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Maladie de Haglund

La maladie de Haglund (ou calcanéus bossu) définit le conflit qui s’effectue entre le contrefort d’une chaussure et la proéminence du coin postéro-supérieur du calcanéus.

Cela occasionne un frottement responsable en superficie d’une irritation cutanée (rougeur et douleur) et en profondeur, souvent en association, une bursite rétrocalcanéenne.

 

La maladie de Haglund survient généralement chez la jeune femme (voire même dès l’adolescence).

Il existe des facteurs favorisants constitutionnels et environnementaux, principalement :

  • l’anatomie du calcanéus (et notamment sa verticalisation dans les pieds creux)
  • le type de chaussage (souplesse du contrefort)
  • l’activité physique

 

L’évolution dépend bien entendu de l’adaptation du chaussage. Dans les cas les moins sévères une réversibilité (provisoire) peut être obtenue. Dans les autres cas, la chirurgie peut s’avérer être nécessaire.

 

En cas de maladie de Haglund la première mesure à entreprendre est de modifier son chaussage en privilégiant  un contrefort de chaussure souple (partie de la chaussure protégeant le talon).

Une consultation chez un podologue pourra vous être proposée pour effectuer un bilan pomologique afin d’écarter tout trouble statique pouvant aggraver cette pathologie.

 

La chirurgie ne doit être discutée qu’en cas de résistance aux mesures prises et surtout si les symptômes persistent voire même s’amplifient.

 

Lorsque la douleur et l’inflammation deviennent invalidantes dans les activités quotidiennes, professionnelles et sportives ; la chirurgie s’impose

La chirurgie de la maladie de Haglund n’intervient qu’en cas de résistance à un traitement médical optimal bien conduit. Elle a pour but de rendre l’arrière du pied indolore et éviter le frottement.

 

Il existe 2 solutions chirurgicales pour la maladie de Haglund :

  • La régularisation de la bosse calcanéenne (90% des cas). Elle se déroule avec une ouverture ou  sous arthroscopie (caméra dans l’articulation). La chirurgie consiste à retirer la zone osseuse à l’origine du conflit avec une fraise motorisée d’environ 4 à 5 mm de diamètre.
  • Une ostéotomie calcanéenne (ostéotomie : couper un os) qui peut se discuter dans des déformations sévères et tout particulièrement dans les pieds creux.

 

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Tendinopathie d'insertion calcanéenne

La tendinopathie d’insertion calcanéenne (= achilléenne) représente une partie des tendinopathies d'Achille qui atteint l’enthèse (= l’insertion). On parle parfois d’une entésopathie.

Tendinopathie d'insertion calcanéenne	CHA

Elle  touche des personnes d’âge mûr (45 à 65 ans), généralement peu actives, parfois même sédentaires en surpoids.

Elles sont liées à une usure de l’insertion tendineuse et se traduit parfois par des ossifications.

 

Ces tendinopathies d’insertion calcanéenne sont marquées par des talalgies hautes (douleur au niveau du talon) dont l’origine est variable (inflammation cutanée, tendineuse, osseuse …).

 

Il faut d’abord confirmer le diagnostic et surtout le préciser (fissure ?) et pour cela un bilan d’imagerie complet est nécessaire (échographie et IRM).

Le traitement médical de la tendinopathie d’insertion calcanéenne doit toujours être entrepris initialement. Il comporte plusieurs choses :

  • l’arrêt du sport
  • les anti-inflammatoires et autres antalgiques
  • la kinésithérapie à base d’étirement et d’ondes de chocs
  • l’autorééducation
  • les semelles orthopédiques et/ou talonnettes 
  • infiltration de PRP (plasma riche en plaquettes)

 

En cas d’échec et de retentissement fonctionnel important peut se discuter une intervention chirurgicale.

 

Principes chirurgicaux selon le type de lésion

 

Tendinopathies corporéales

 

La chirurgie consiste à exciser les lésions du tendon et du péritendon (nodule, inflammation …) et à réaliser un peignage. Ce sont des incisions à intervalles réguliers de quelques millimètres au bistouri dans le sens de la longueur pour ne pas le fragiliser.

L’objectif est de favoriser le saignement et donc la cicatrisation du tendon.

Dans certains cas très graves, un renfort par un tendon périphérique peut être proposé.

 

Tendinopathies d’insertion (entésopathies)

 

Il n’y a aucune autre solution que de retirer la zone tendineuse lésée. Pour cela il faut donc désinsérer le tendon par derrière, exciser les lésions et notamment les ossifications, ôter le conflit avec le calcanéus (si il y en a un) et finalement réinsérer le tendon.

 

Quand le tendon est trop fragilisé après l’excision des tissus lésés, il peut être renforcé par d’autres tendons.

 

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Tendinopathie fibulaire

La tendinopathie fibulaire est une souffrance des tendons situés en arrière de la malléole latérale (anciennement péroniers latéraux).

 

tendinopathie Fibulaire CHA

Elle se traduit par des douleurs, un gonflement et parfois une chaleur en arrière et en dessous de la pointe malléolaire latérale. Dans le cadre des luxations on perçoit nettement un ressaut (claquement).

 

Il en existe différents types :

  • les tendinoses (atteinte globale du tendon, anciennement tendinite), ce sont les plus fréquentes
  • les tendinopathies fissuraires (atteinte caractérisée par une déchirure localisée)
  • la luxation des tendons (les tendons sortent et entrent de leur gaine librement au cours de certains mouvements)

L’évolution spontanée est mauvaise car le pouvoir cicatriciel est limité sur ces tendons toujours mis en contrainte lors de la marche et mal vascularisé par endroit.

Il faut d’abord confirmer le diagnostic et surtout le préciser (fissure ?) et pour cela un bilan d’imagerie complet est nécessaire (échographie et IRM).

Dans les tendinoses, un traitement médical basé sur le repos, la limitation de l’activité, les anti-inflammatoires et la mise en place de semelles orthopédiques doit permettre de limiter les douleurs. Dans le cas contraire, on peut discuter une immobilisation par une botte en résine pendant 45 jours.

 

En cas de résistance à ce traitement et pour les deux autres pathologies (les tendinopathies fissuraires et les instabilités fibulaires) la chirurgie trouvera toute sa place.

 

Principes chirurgicaux selon le type de lésion :

 

Tendinoses

 

  1. La tendinoscopie : le principe est de mettre une caméra dans les gaines tendons pour nettoyer les lésions inflammatoires et les microlésions. Un « effet bougie » permettra de dilater la gaine et favorise ainsi la liberté de mouvement des tendons dans leur gaine.

 

  1. A ciel ouvert : un nettoyage des tendons et de leur gaine est effectué directement en ouvrant la gaine du tendon et sans la refermer en fin d’intervention.

 

Tendinopathies fissuraires

 

  1. Traitement de la lésion : c’est l’importance de la lésion qui guide le geste thérapeutique. Il peut s’agir d’une réparation directe par suture, de la fixation du tendon fissuré sur celui qui est sain (ténodèse)

 

  1. Traitement de la cause : désaxation de l’arrière pied (pied creux), instabilité de cheville, malformation de la gouttière ou osseuse autre (tubercule des fibulaires)

https://lh5.googleusercontent.com/KqsLM00_qlPzkuwAQO20HB7SkQ0RrhK6o_BtDcSNYAmXLVTfwLVjIFfKhaoYMTsG3NbW4p3dxijVMfHC6QprdvKk2afrsys63FZ_HV87nnE0WdCmNJ53cx2NuCLzzOcVniyqBn-u

Fissure d’un tendon fibulaire

Instabilité des tendons

 

La suture directe permet le plus souvent une stabilisation efficace parfois un renfort par d’autres tissus (tendons, os, périoste …) sera réalisé en cas de solidité insuffisante de la suture.


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Instabilité chronique de cheville

L’instabilité chronique de cheville est la perception par le patient d’un problème au niveau de sa cheville qui peut combiner différents symptômes tels que :

  • des entorses à répétition
  • des sensations de dérobements
  • de l’appréhension (souvent retrouvée ou favorisée par la marche sur des terrains accidentés comme les pavés ou le sable)
  • des douleurs (liées à des anomalies de cicatrisations ligamentaires, des lésions cartilagineuses sous-jacentes, un dysfonctionnement articulaire …). Ces douleurs persistent parfois entre les épisodes d’instabilités ressentis.
  • des gonflements répétés

 

L’instabilité chronique de cheville survient dans environ 30 % des cas après une entorse. Elle peut être liée à des désordres anatomiques (déchirure ligamentaire) ou fonctionnels (faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre …).

https://lh5.googleusercontent.com/o_EaT3FqWgX5vXSTknc9EzO43iwpdqo4N8p8k9T1PrrKoQUDzJHgGuPu1-GhpQmgv5e9woQxzwXgIxNHQmb2Et5pDvKWYUgrDUIBY9G8NP2wYIWPQXq-aNf5bEiypwqnSHv5THlj

Ligaments latéraux de la cheville

L’évolution de cette lésion se fait irrémédiablement vers l’arthrose de la cheville (articulation tibio-talienne) dans un premier temps et secondairement vers les autres articulations du pied (talo-calcanéenne, talo-naviculaire). Outre le handicap fonctionnel lourd occasionné par l’instabilité chronique en elle-même, les douleurs liées à l’arthrose viennent se surajouter.

 

Un traitement médical premier doit toujours être entrepris notamment de la kinésithérapie ayant pour but de traiter la partie fonctionnelle de l’instabilité.

Dans certaines situations, comme l’arrière pied varus, des mesures podologiques et le port de semelles adaptées permettent de résoudre partiellement le problème.

L’intervention peut se discuter en cas de symptomatologie entravant la vie quotidienne professionnelle ou personnelle.

L’incapacité de reproduire certaines activités ou certaines performances sportives motive régulièrement la consultation. La chirurgie de stabilisation ne s’envisage qu’en cas de résistance à un traitement médical bien conduit.

 

La chirurgie de stabilisation de la cheville consiste à reconstruire les ligaments étirés ou rompus par prélèvements à proximité de la cheville ou à distance (au niveau du genou).  Ces gestes peuvent se réaliser par des méthodes traditionnelles (chirurgie à ciel ouvert) ou des méthodes arthroscopiques (avec une caméra dans l’articulation).

 

Elle comporte plusieurs étapes avec à la fois des gestes sur les parties molles (tendons, ligaments, capsule articulaire …) et sur l’os. Les tunnels osseux permettent la réinsertion ou le passage du ou des néo-ligaments.

D’autres gestes complémentaires peuvent être rendus nécessaires (notamment dans l’articulation de la cheville en elle-même) en cas de douleurs associées, débridement arthroscopique, greffe ostéochondrale, perforation de lésion du dôme du talus…

 

Il existe de nombreuses techniques chirurgicales (plus de 80 décrites).

Le type de ligamentoplastie (reconstruction ligamentaire) dépend de nombreux facteurs tels que :

  • l’âge
  • le type d’atteinte ligamentaire (constatations cliniques, radiologiques et per opératoires)
  • la durée d’évolution des symptômes
  • l’atteinte d’autres articulations (subtalaire) …

 

La chirurgie peut donc consister selon tout cela en une retente ligamentaire à ciel ouvert ou arthroscopique, une ligamentoplastie par une autogreffe tendineuse au peroneus brevis en percutané ou au gracilis en mini-invasif.


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